Franck Nguema : « l’argent des pauvres doit arriver aux pauvres »
Après le rapport de la Cour des comptes, Franck Nguema exige des comptes.
AKANDA, 07 septembre 2026 (PRESSE 241)-Le chiffre fait froid dans le dos. 1 700 milliards de FCFA de débets et d’amendes évoqués par la Cour des comptes dans le cadre de ses contrôles de l’exercice 2026. Face à cette annonce, Franck Nguema, ancien ministre des Sports, ancien député du 2ᵉ siège de la commune d’Akanda, élu local et essayiste, appelle à ne pas s’arrêter aux constats. Son mot d’ordre : contrôler, recouvrer, sanctionner lorsque les responsabilités sont établies et réformer.
Dans une déclaration rendue publique le 4 septembre dernier, Franck Nguema affirme que la situation est d’autant plus préoccupante que les secteurs concernés toucheraient notamment à la protection sociale et sanitaire des populations, citant la sécurité sociale, les évacuations sanitaires, le Fonds des Gabonais économiquement faibles et la CNAMGS.
« L’heure est grave ! Et je pèse mes mots », lance-t-il d’emblée
Pour l’ancien ministre, les 1 700 milliards de FCFA évoqués par le premier président de la Cour des comptes, le juge Alex Euv Moutsiangou, ne peuvent être réduits à une simple donnée comptable. Il rappelle qu’un débet correspond à une somme mise à la charge d’un gestionnaire public lorsque sa responsabilité financière est engagée, tandis qu’une amende constitue une sanction financière.
« Derrière ces chiffres, il y a des vies humaines »
C’est précisément sur cette dimension sociale que l’homme d’Etat, Franck Nguema entend placer le débat. « Derrière ces chiffres, il y a des vies humaines », insiste-t-il.
Pour illustrer son propos, il évoque une mère attendant une aide publique, un enfant nécessitant des soins ou devant aller à l’école, une personne âgée sans ressources ou encore un Gabonais économiquement faible qui compte sur le système de protection sociale pour se soigner.
Selon lui, lutter contre la pauvreté ne consiste pas uniquement à injecter de nouvelles ressources. Il faut d’abord protéger l’argent public déjà consacré aux populations vulnérables. « L’argent destiné aux populations vulnérables n’est pas un argent comme les autres. C’est l’argent de la Solidarité nationale », martèle-t-il.
Soutien à Oligui Nguema, mais exigence de résultats
Dans sa déclaration, l’ancien député apporte également son soutien au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, dont il salue la volonté de réforme et la décision de laisser les institutions de contrôle exercer leurs missions.
Il cite notamment les propos tenus par le chef de l’État le 29 août dernier à Makokou, lors de la Fête de la Libération : « Dans la Cinquième République, chacun doit répondre de ses actes. »
Pour Franck Nguema, cette déclaration du chef de l’Exécutif doit désormais dépasser le stade du discours et devenir une véritable méthode de gouvernance. « Les audits ont ouvert la porte. Il faut maintenant aller jusqu’au bout ! », affirme-t-il.
Sept mesures pour sécuriser l’argent public
Dans son discours, l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, réclame d’abord le recouvrement effectif et rapide des sommes dues à l’État lorsque les décisions judiciaires définitives l’ordonnent. Il propose ensuite un audit permanent des financements sociaux, notamment à la CNAMGS, avec un contrôle interne indépendant et opérationnel.
Franck Nguema appelle également à accélérer la mise en place du Registre Social National Unifié, à digitaliser les aides et prestations sociales afin de permettre la traçabilité des fonds et à créer un Fonds national de lutte contre la pauvreté, soumis à un audit annuel obligatoire.
Sur le plan sanitaire, il préconise la sécurisation des paiements de la CNAMGS aux structures et professionnels de santé, ainsi que la mise en place de mécanismes numériques capables de détecter les doublons, actes fictifs, anomalies et surfacturations avant le paiement.
Il insiste enfin sur l’accès aux médicaments, estimant qu’un assuré ne devrait pas être privé de son traitement en raison de retards de paiement accumulés entre la CNAMGS et les pharmacies.
« Coûte que coûte »
Tout en revendiquant son soutien au chef de l’État, Franck Nguema se veut clair : la lutte contre la pauvreté doit être accompagnée d’une lutte sans relâche contre les mécanismes qui privent les populations de ressources publiques.
Son exigence tient en une formule : « Contrôler. Recouvrer. Sanctionner lorsque les responsabilités sont établies. Réformer. Prévenir les nouvelles fuites de fonds. Et surtout rendre compte aux Gabonais. »
L’ancien ministre renvoie ainsi la question des 1 700 milliards de FCFA à son véritable enjeu politique et social : que deviennent les ressources destinées aux populations les plus vulnérables ?
Sa réponse est sans ambiguïté : chaque franc affecté à la lutte contre la pauvreté doit effectivement servir cette cause. « Chaque franc destiné à lutter contre la pauvreté doit réellement servir à lutter contre la pauvreté », affirme-t-il.
Avant de conclure par une formule appelée à résumer son message : « Dans la Ve République, selon la vision du Président de la République SEM Brice Clotaire Oligui Nguema, l’argent des pauvres doit arriver aux pauvres, coûte que coûte. »




